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Exposition « Visages d’artistes »   

De Gustave Courbet à Annette Messager 

Exposition au Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de Paris
Du 18 mars au 19 juillet 2026

Le Petit Palais propose l’exposition « Visages d’artistes » composée d’une centaine de portraits et d’autoportraits. En grande partie puisés dans ses collections du XIXe siècle, lui sont adjoints une douzaine d’œuvres de femmes-artistes des XXe et XXIe siècles.

Pêle-mêle, peintures, dessins, sculptures, photographies ou productions graphiques présentent des visages, des ateliers, des représentations signifiantes, dans lesquels des artistes se représentent ou présentent les leurs.

Pêle-mêle, de multiples styles se côtoient et se confrontent, classicisme, réalisme, hyperréalisme, caricature, grotesque…

L’exposition se décline en sept salles et quelques œuvres « hors les murs », sept thèmes déclinant la vision de l’artiste par lui-même ou par ses pairs, sous une variété de regards allant de la bienveillance, à l’amitié, l’humour, le doute, la vanité, la flatterie, la distance ou encore la critique.

Salle 1 – L’autoportrait, éloge du moi

La première salle pose les bases de toute l’exposition. En révélant la diversité des autoportraits – entre affirmation, représentation sociale et introspection – elle rappelle que chaque autoportrait est une construction, une manière de dire « je ».

Autoportrait au chien noir, Gustave Courbet, huile sur toile, 1842-1844
Autoportrait, Léon Bonnat, crayon sur papier, 1880
Autoportrait, Pierre Puvis de Chavannes, huile sur toile, 1857
Autoportrait, Jean-Baptiste Carpeaux, huile sur toile, 1874
Autoportrait, Charles Cottet, huile sur toile, entre 1880 et 1889
Autoportrait clown/fleur, Nina Childress, huile et acrylique sur toile, 2020, MAM de Paris
Autoportrait à la casquette, Jacques-Emile Blanche, huile sur toile, 1890

Masques au nez cassé, Jean Carriès, grès émaillé, entre 1888 et 1894

Autoportrait, Hélène Delprat, mannequin réalisé par Pierre Olivier Persin, résine, 2013 (collection de l’artiste)
Un coin de salon chez le peintre, Jean-François Gigoux, huile sur toile, 1852

La visite se poursuit sur un ensemble d’œuvres glorifiant l’amitié, l’estime et l’admiration confraternelles. Elle propose un déplacement de l’autoportrait à une approche relationnelle de la création.

Ici, l’artiste n’est plus seulement un sujet isolé, mais un être inscrit dans un réseau d’affinités, de complicités et parfois de rivalités fécondes. Certaines œuvres mettent en scène des groupes d’artistes réunis dans un même espace, presque comme des manifestes visuels. Ces compositions évoquent des cercles intellectuels ou des avant-gardes, où l’identité individuelle se fond dans une identité partagée.

Carrier-Belleuse, Auguste Rodin, terre cuite paninée bronze, 1882
Portrait d’Angèle Delasalle, Jean-Joseph Benjamin-Constant, huile sur toile, 1900
Eugénie-Marie Gasiffet-Caillard, dite Germaine Dawis, Jean-Jacques Henner, huile sur toile, 1892
Portrait du peintre émailleur Alfred Garnier, Jules Bastien-Lepage, huile sur toile, 1870
Les amis,  Lucien Simon, huile sur toile, vers 1899
Un groupe d’artistes, Jules Alexandre Grün, huile sur toile, 1929
Fragment du « Panorama du siècle », Henri Gervex et Alfred Stevens, huile sur toile, 1889
Georges Clairin, Sarah Bernhardt, plâtre patiné, 1875
Henri Regnault, Louis-Ernest Barrias, buste en bronze sur piédouche en bronze, 1871
Armand Guillaumin, Claude Monnet, Auguste Renoir, Edgar Degas à cinquante ans, Camille Pissarro, Paul Paulin 
Portrait du peintre norvégien Fritz Thaulow et sa femme Alexandra, Alfred Roll, huile sur toile, 1890
Portraits du sculpteur Paul Aubé et son fils Emile, Paul Gauguin, pastel sur papier et carton, 1882

Deux autoportraits contemporains d’artistes femmes rompent avec la manière et l’iconographie du XIXe siècle.

Collection pour trouver ma meilleure signature, ma collection de châteaux, Annette Messager, encre, crayon de couleur, mine de plomb sur papier, 1972
Mon corps de Femme, Camille Henrot, bronze, 2019

Salles 3 et 4  – Dans l’atelier 

Portrait des élèves de l’atelier Delaroche, artistes divers, huile sur toile, entre 1835 et 1843
Quarante-trois Portrait des élèves de l’atelier Charles Gleyre, artistes divers, huile sur toile, entre 1856 et 1868
Portrait du statuaire Paul Aubé travaillant dans son atelier, Edouard Dantan, huile sur toile, 1897
Repos, Charles Léandre, pastel sur toile, 1886
Coin d’atelier, boulevard de Clichy, Antoine Vollon, huile sur toile, entre 1872 et 1887
Portrait de Jules Chéret, Jacques-Emile Blanche, huile sur toile, 1892
Le Sculpteur Jean Carriès dans son attelier, Louise Breslau, huile sur toile, entre 1886 et 1887
Atelier de Carolus-Duran, attribué à Edmond Bénard, épreuve sur papier albuminé, entre 1880 et 1900
Atelier de Félix Barrias, attribué à Edmond Bénard, épreuve sur papier albuminé, entre 1880 et 1900
Atelier de William Bougereau, attribué à Edmond Bénard, épreuve sur papier albuminé, entre 1880 et 1900
Le Cours de dessin, Giulia Andreani, acrylique sur toile, 2015
Manifestation pour une deuxième grossesse, Nathanaëlle Herbelin, huile sur toile, 1989

Les deux dernières salles de l’exposition proposent des œuvres mettant en exergue le dialogue entre un artiste et ses confrères présents ou passés. S’y expriment la satire et la dérision, l’admiration et la reconnaissance.

Salle 5  – Portraits-charges 

Proches de la caricature, les portraits-charges s’inscrivent dans une approche à la fois critique, expressive et humoristique du portrait.  

Portrait-charge de François Forichon, Albert Guillaume, huile sur toile, 1890
Caricature pour le « Charivari », Amédé Charles de Noé, dit Cham, plume et encre brune sur papier, vers 1863

Salle 6  – Filiations, hommages et irrévérences

La dernière salle « Filiations, hommages et irrévérences » s’organise autour des liens complexes que les artistes entretiennent avec leurs prédécesseurs. Le portrait n’est plus seulement la représentation d’un artiste mais un dialogue entre générations.

François 1er reçoit les derniers soupirs de Léonard de Vinci, Jean-Auguste Ingres, huile sur toile, 1818
Van Dyck à Londres, Camille Roqueplan, huile sur toile, 1837
Van Dyck peignant son premier tableau, Jean-Louis Ducis, huile sur toile, 1819
Frans Hals, Jean-Joseph-Marie Carriès, dit Jean Carriès, plâtre patiné, vers 1884-1885
Diego Vélasquez, Jean-Joseph-Marie Carriès, dit Jean Carriès, plâtre patiné, vers 1885-1890
Transformation Self-Portrait, Claire Tabouret, acrylique sur toile, 2023, collection privée JS

Pour conclure, en croisant peinture, sculpture, photographie, arts graphiques, l’exposition révèle toute la richesse et la diversité des formes que peut prendre le portrait d’artiste. Elle montre surtout que ce genre, loin d’être figé, demeure un terrain d’expérimentations et de libertés créatives.

En faisant dialoguer œuvres anciennes et contemporaines, Visages d’artistes invite le visiteur à s’interroger sur la manière dont les artistes se représentent, se mettent en scène et construisent leur identité.

À la fois esthétique et introspective, l’exposition rappelle ainsi que derrière chaque œuvre se dessine un visage et se raconte une histoire.