ArtExpos

Pour l’amour de l’art !

Exposition Adya et Otto Van Rees    

Au cœur des avant-gardes 

Musée de Montmartre, Paris
Jusqu’au 13 septembre 2026

Le musée de Montmartre présente cet été l’œuvre avant-gardiste d’Adya (1876-1959)  et Otto van Rees (1889-1957) où l’amour et la création sont étroitement mêlés. L’exposition entraîne le visiteur dans un parcours chronologique de douze petites sections mettant en lumière les créations qui ponctuent leurs déplacements à travers l’Europe, des Pays-Bas à Paris, de  Fleury-en-Bière à l’Italie et de la Suisse à la Belgique, comme autant d’épisodes du roman de leur vie.

Une petite centaine d’œuvres, dessins, peintures,  jouets, broderies, sculptures, affiches, témoignent tout à la fois de leur histoire personnelle et de l’histoire de l’art de cette première moitié du XXème siècle.

Acteurs de l’effervescence créative de leur époque, Adya et Otto Van Rees font évoluer leurs réalisations avec celles de leurs homologues contemporains au travers de multiples courants : réalisme, impressionnisme, cloisonnisme, cubisme, abstraction, dadaïsme, abstraction-géométrique ou cubo-futurisme.

Adya et Otto Van Rees au Bateau-lavoir

Autoportrait, Adya Van Rees-Dutilh, 1904, crayon sur papier, Pays-Bas, collection Tikoi Kuitenbrouwer
Otto Van Rees, Adya Van Rees-Dutilh, 1903-1904, crayon sur papier, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Otto au Bateau-Lavoir le soir, Adya Van Rees-Dutilh, 1905, huile sur toile, Canada, collection particulière
Adya au Bateau-Lavoir, Otto Van Rees, 1905, huile sur toile, France, collection particulière
Otto au Bateau-Lavoir, Adya Van Rees-Dutilh, 1905, huile sur toile, Espagne, collection particulière
Adya cousant à la machine, Otto Van Rees, 1904-1905, huile sur toile marouflée sur carton, Pays-Bas, collection Marjan et Honoré Verbist

Fleury-en-Bière et l’Italie

Le lit des Van Dongen, Otto Van Rees, 1905, huile sur toile, France, collection particulière
Arrière-cour à Fleury-en-Bière, Otto Van Rees, 1905, huile sur toile marouflée sur carton, Pays-Bas, collection particulière
Champs de Fleury-en-Bière, Otto Van Rees, 1905, huile sur panneau, Pays-Bas, collection Majoor
Adya de profil, Otto Van Rees, fin 1905-1906, huile sur toile, Canada, collection particulière
Otto de profil, Adya Van Rees-Dutilh, fin 1905-1906, huile sur toile, France, collection particulière
Champ de blé, Otto Van Rees, 1905, huile sur toile, Pays-Bas, Laren, Museum Singer Laren
Le Berceau, Otto Van Rees, 1906, huile sur toile marouflée sur carton, Belgique, collection particulière
Agave, Otto Van Rees, 1906, huile sur toile, Pays-Bas, collection Wim Kruldenberg
Adya allaitant Aditya, Otto Van Rees, été 1906, huile sur toile marouflée sur carton, France, collection particulière
Bêcheuse, Otto Van Rees, 1907, huile sur toile marouflée sur carton, Pays-Bas, collection Claire de Roovere
Adya brodant à Anzio, Otto Van Rees, 1906, huile sur toile marouflée sur carton, France, collection particulière

L’art au cœur de la famille

Adya brodant dans son lit d’accouchement, Otto Van Rees, 1910, huile sur papier contrecollé sur bois, Pays-Bas, collection Francisca Van Vloten
Aditya dans son lit, Otto Van Rees, 1909, huile sur toile, Pays-Bas, collection Marian Van der Willigen
Portrait d’Otto, Adya Van Rees-Dutilh, 1908, huile sur toile marouflée sur carton, Pays-Bas, collection Tikoi Kuitenbrouwer
Les jouets d’ Aditya, Otto Van Rees, 1909, huile sur toile, Pays-Bas, collection Naramata Kuitenbrouwer

Explorations cloisonnistes

Pour Adya et Otto, l’art n’est pas seulement une pratique individuelle : il constitue un engagement social où la création se construit dans le partage, la solidarité et la coopération, loin des rivalités et de la compétition qui animent souvent le milieu artistique.

Nu sous parasol, Otto Van Rees, 1909-1910, huile sur toile, Suisse, collection PCC
Adya de profil, Otto Van Rees, 1909, gouache sur papier, Pays-Bas, collection particulière
Courge et oranges, Otto Van Rees, 1909, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Mère et Enfant, Otto Van Rees, fin 1910, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Adya au chapeau, Otto Van Rees, 1909, huile sur toile, Pays-Bas, collection Cultural Heritage Agency of Netherlands
Baigneuse, Otto Van Rees, 1911, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Adam et Eve, Otto Van Rees, 1909-1910, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Torse de femme, bras levés, Otto Van Rees, 1909-1910, Pierre calcaire et matière synthétique, Pays-Bas, collection R.S. Van Eijck
Torse de femme, Otto Van Rees, 1909-1910, Grès et matière synthétique, France, collection particulière
Tête de femme, Otto Van Rees, 1910, Bronze, Pays-Bas, collection particulière
Apparition à Marie-Madeleine, Adya Van Rees-Dutilh, 1910, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière

Le cubisme, chemin vers l’abstraction

Baigneuses, Otto Van Rees, 1911, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Composition, Otto Van Rees, 1912-1913, huile sur toile, Pays-Bas, La Haye, Kunstmuseum Den Haag
Mère et Enfant, Otto Van Rees, 1911, huile sur toile, Suisse, collection PCC
Composition, Otto Van Rees, vers 1912, huile sur toile, Belgique, Alychio Art Collection/Marc Coucke
Composition, Otto Van Rees, 1911-1912, huile sur toile, Belgique, Alychio Art Collection/Marc Coucke
Composition, Otto Van Rees, 1913-1914, huile sur toile marouflée sur panneau, Belgique, Alychio Art Collection/Marc Coucke
Saint Thomas d’Aquin, Adya Van Rees-Dutilh, 1913, Huile sur toile, France, collection particulière
Le poète L.R. (Ludwig Rubiner), Adya Van Rees-Dutilh, 1913, Fusain sur papier et carton, Pays-Bas, La Haye, Kunstmuseum Den Haag
Blaise Cendrars, Adya Van Rees-Dutilh, 1916, crayon Conté sur papier contrecollé sur carton, Pays-Bas, La Haye, Kunstmuseum Den Haag

La fragmentation des formes propre au cubisme ouvre alors de nouvelles perspectives et accompagne leurs recherches vers une simplification toujours plus grande, proche des premiers questionnements de l’art abstrait. Leur environnement cosmopolite, composé d’artistes venus de toute l’Europe, favorise la diffusion de leur travail. Ils présentent leurs œuvres à Zurich, Rotterdam, Munich et Prague, et participent notamment à la prestigieuse exposition internationale du Sonderbund Exhibition à Cologne, événement majeur de l’avant-garde européenne.

Madone, Adya Van Rees-Dutilh, 1917, broderie en soie, Pays-Bas, La Haye, Kunstmuseum Den Haag
Composition d’après Otto Van Rees, Adya Van Rees-Dutilh, 1915, broderie en soie, Pays-Bas, collection Tibor et Suzanne Kultenbrouwer

Dada et le deuxième cubisme

Avec la Première Guerre mondiale, la vie d’Adya et d’Otto Van Rees est bouleversée. Otto est mobilisé dans l’armée néerlandaise, Adya quitte les Pays-Bas pour se réfugier en Suisse avec leurs deux filles. Face à l’incertitude et la violence, Adya cherche l’apaisement dans une recherche spirituelle qui la conduit à se convertir au catholicisme. Réformé de l’armée, Otto la rejoint à Zurich au printemps 1915.

Adya se penchant sur le berceau, Otto Van Rees, 1917, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Nature morte à la cuvette, Otto Van Rees, 1917, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Adya lisant sur le divan, Otto Van Rees, 1915, gouache sur papier, Belgique, Alychio Art Collection/Marc Coucke
Deux religions, Adya Van Rees-Dutilh, 1915, gouache sur papier, France, collection particulière
Maison mortuaire de Léon Bloy, Adya Van Rees-Dutilh, 1917, huile sur toile, Pays-Bas, collection Melgenberg
Projet pour affiche de l’exposition à la Galerie Tanner à Zurich d’Adya Van Rees-Dutilh, Otto Van Rees, 1915, collage de papier sur papier, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum

Dada naît du rejet d’une culture qui « aurait conduit l’Europe à la catastrophe de la guerre ». Les artistes dadaïstes contestent les valeurs établies, refusent les classifications traditionnelles entre les arts. Ils utilisent l’absurde, le hasard et le non-sens comme moyens de provocation et de libération. Face à une société dominée par la logique militaire et rationnelle, l’irrationnel devient une forme de résistance.

En décembre 1916, Otto et Adya choisissent de retourner à Paris et s’installent à nouveau à Montparnasse. Ils y retrouvent un cercle d’artistes et d’écrivains proches de l’avant-garde, parmi lesquels Apollinaire, Braque, Blaise Cendrars, Juan Gris, Max Jacob, André Lhote, Manuel Ortiz de Zárate, André Salmon et Gino Severini. Leur expérience suisse nourrit alors une nouvelle étape de leur parcours : leur œuvre évolue vers un cubisme renouvelé, où la recherche de structure, de rythme et de synthèse devient centrale.

L’école Pestalozzi

En 1915, après avoir découvert le travail d’Otto lors de l’exposition de la galerie Tanner, Han Coray lui confie une commande exceptionnelle : décorer le hall d’entrée de l’école Pestalozzi de Zurich, établissement alors fréquenté par la fille aînée des Van Rees.

Cette invitation témoigne de la reconnaissance croissante dont bénéficie l’artiste et de l’intérêt que portent certains milieux progressistes à un art capable d’accompagner l’éducation et de transformer les espaces du quotidien.

Ci-dessus et ci-contre : deux esquisses pour les peintures murales de l’école Pestalozzi, Otto Van Rees, 1915, gouache sur carton, Suisse, collection PCC
Lizzie lisant, Otto Van Rees, 1909, huile sur panneau, Pays-Bas, collection Het Noordbrabants museum

Ces fresques constituent un jalon majeur dans l’histoire de l’art moderne en Suisse : elles comptent parmi les premières compositions monumentales abstraites réalisées pour un espace public. Leur création se poursuit au début de l’année 1916.

En 1917, les fresques sont recouvertes de chaux et disparaissent temporairement de la vue du public. Redécouvertes plusieurs décennies plus tard, elles font l’objet d’une importante campagne de restauration en 1975-1976, permettant leur remise en valeur. Elles sont aujourd’hui conservées et visibles au Laboratorium des Kantonschemikers, ancien bâtiment de l’école Pestalozzi, comme un témoignage rare de l’émergence de l’art abstrait dans un contexte éducatif et social.

Le renouveau de la figuration

Au cours de la période d’effervescence artistique et culturelle qui suit la Première Guerre mondiale, « les Années folles », Otto et Adya Van Rees s’éloignent progressivement du langage plastique du cubisme.

Table avec rouleau de papier, Otto Van Rees, 1921, huile sur toile, France, collection particulière
Nature morte au carreau hollandais, Otto Van Rees, 1931, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Coin de jardin, Otto Van Rees, 1925, huile sur toile, Espagne, collection particulière
Le Poêle, Otto Van Rees, 1928, huile sur toile, Pays-Bas, collection Cultural Heritage Agency of Netherlands
Chez Rémy, Adya Van Rees-Dutilh, 1927, huile sur panneau, Pays-Bas, collection particulière
Arc de voute, Otto Van Rees, 1926, huile sur toile, Pays-Bas, collection Pim et Jill Donkersloot
La maison bleue, Otto Van Rees, 1926, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Adya dans l’atelier (Klein Kasteel, Deurne), Otto Van Rees, 1918, huile sur toile, Pays-Bas, collection R. et V. Jager
Adya et ses enfants, Otto Van Rees, 1918, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
La famille, Otto Van Rees, 1919, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière

Vers une schématisation des formes

Au début de l’année 1923, les Van Rees s’installent à Deurne, aux  Pays-Bas où ils louent une demeure historique, le Klein Kasteel (« Petit Château »). Ce nouveau cadre de vie contribue à leur reconstruction.

Les glaïeuls, Otto Van Rees, 1926, huile sur toile, Pays-Bas, collection Claire de Roovere
Dahlias, Adya Van Rees-Dutilh, 1926, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière

Le Klein Kasteel permet également au couple de renouer leur habitude de faire de leur maison un lieu de rencontre et d’échanges artistiques. Ils accueillent artistes, écrivains et intellectuels tels Manuel Ortiz de Zárate, Arthur Segal ou Ossip Zadkine, témoignant du maintien de leurs liens avec les avant-gardes européennes malgré leur éloignement de Paris.

Sur le plan personnel, les conséquences du drame de 1919 demeurent profondes.

Très éprouvée par la disparition de leur fille Aditya, Adya peine à retrouver un rythme de création comparable à celui des années précédentes.

Tempête sur la plage, Adya Van Rees-Dutilh, 1932, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Le Carrousel, Adya Van Rees-Dutilh, 1929, huile sur toile marouflée sur carton, France, collection particulière

Otto, au contraire, reprend progressivement une activité artistique soutenue. Ses œuvres sont présentées dans de nombreuses expositions internationales, notamment à Anvers, Berlin, Chicago, Cologne, Londres, Munich et Rotterdam, mais aussi à la Biennale de Venise et au musée du Jeu de Paume à Paris.

Cette reconnaissance atteint un sommet en 1926, lorsqu’une importante rétrospective lui est consacrée au Stedelijk Museum d’Amsterdam, consacrant sa place parmi les artistes majeurs de sa génération.

Durant ces années, le langage plastique des deux artistes continue d’évoluer. Sans renoncer à la figuration, leurs compositions deviennent plus sobres et plus synthétiques. Les formes s’épurent, les volumes se simplifient et les couleurs gagnent en retenue, révélant une recherche d’équilibre et d’essentiel.

Malgré leur intégration dans le paysage artistique néerlandais, Otto et Adya éprouvent une certaine nostalgie de l’effervescence intellectuelle et créative de Paris, où s’étaient forgées leurs amitiés et leurs convictions artistiques. Désireux de retrouver ce milieu cosmopolite, ils décident de s’y réinstaller en octobre 1928.

Cercle et Carré

À partir des années 1920, l’art abstrait cesse d’être seulement un terrain d’expérimentation pour devenir un véritable courant artistique, soutenu par une réflexion théorique de plus en plus élaborée. Cette évolution est portée par plusieurs foyers majeurs de la modernité européenne.

Aux Pays-Bas, la revue De Stijl défend un langage fondé sur les lignes droites, les formes géométriques élémentaires et les couleurs primaires. En Allemagne, le Bauhaus développe une conception de l’art qui associe création, architecture et design dans une recherche de formes rationnelles et fonctionnelles. Parallèlement, les artistes du constructivisme russe affirment que la géométrie et la construction constituent les bases d’un art nouveau, adapté au monde moderne.

Peinture (Silhouette d’homme), Otto Van Rees, 1930, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Peinture (Silhouette de femme), Otto Van Rees, 1930, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Nature morte au jouet de Torres Garcia, Otto Van Rees, 1929, huile sur panneau, Pays-Bas, collection particulière
Composition (Arbre), Otto Van Rees, 1930, huile sur carton, Pays-Bas, collection particulière

Contrairement à d’autres avant-gardes, Cercle et Carré ne se définit pas par un manifeste unique ni par une doctrine rigide. Le groupe rassemble des artistes d’horizons très différents, unis par une conviction commune : la structure, la géométrie et la construction peuvent constituer les fondements d’un art résolument moderne.

Peinture (Cruche), Otto Van Rees, 1930, huile sur toile, Pays-Bas, collection Tikoi Kuitenbrouwer
Peinture (Magda), Otto Van Rees, 1930, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière

Dernières années

Le krach boursier de 1929 et la crise économique mondiale ont des répercussions sur le marché de l’art européen. Confrontés à l’incertitude économique les collectionneurs réduisent leurs achats.

Chaise et légumes, Otto Van Rees, 1930, huile sur toile, Pays-Bas, collection R.S. van Eijck
Arbre rouge et escalier, Otto Van Rees, 1931, huile sur carton, Canada, collection particulière

Au début des années 1930, les trajectoires des deux artistes commencent à se séparer. Les Pays-Bas offrent alors à Otto davantage d’opportunités professionnelles et de commandes. En 1934, il s’installe à Utrecht afin de relancer son activité. Adya choisit de ne pas le suivre. Attachée à son indépendance et à ses lieux de création habituels, elle partage désormais son temps entre Paris et la Suisse. En 1938, Otto s’installe avec une nouvelle compagne marquant une séparation de fait du couple.

Mère et Enfant, Otto Van Rees, 1911, huile sur toile, Suisse, collection PCC

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, les deux artistes vivent séparés : Adya se trouve près d’Ascona, en Suisse, tandis qu’Otto réside à Utrecht, aux Pays-Bas. Malgré la neutralité suisse et l’occupation allemande des Pays-Bas à partir de 1940, tous deux connaissent des années marquées par les difficultés matérielles et l’isolement.

Coin d’atelier, Otto Van Rees, 1944, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière
Maria, Otto Van Rees, 1942, huile sur panneau, Pays-Bas, collection particulière
Paul Sabanga, Adya Van Rees-Dutilh, 1944, huile sur toile, France, collection Naramata Kuitenbrouwer
Santorini, Otto Van Rees, 1955, huile sur toile, Pays-Bas, collection Mengelberg
Nature morte sur table ronde, Otto Van Rees, 1956, huile sur toile, Pays-Bas, Utrecht, Centraal Museum
Nature morte au pichet blanc, Otto Van Rees, 1948, huile sur toile, Pays-Bas, collection Natacha Kuitenbrouwer
Femme aux cheveux courts, Otto Van Rees, 1947, huile sur toile, Utrecht, Fondation Van Rees

Ode à Adya, Regards croisés

Aux Pays-Bas, Adya van Rees-Dutilh est reconnue comme l’une des premières artistes à s’être engagée dans la voie de l’abstraction. Elle occupe également une place importante dans les débuts du mouvement dada. Son œuvre se distingue par une remarquable diversité. Elle passe des paysages divisionnistes de ses débuts aux compositions cubistes proches de l’orphisme, avant d’explorer une peinture aux accents métaphysiques.

Dieu avertit, Adya Van Rees-Dutilh, 1929, broderie en laine, Pays-Bas, Tiburg, TextielMuseum
Nature morte, divan et broderie, Otto Van Rees, 1927, huile sur toile, France, collection particulière

Les portraits que le couple réalise l’un de l’autre témoignent de la nature de leur relation. Adya apparaît plus souvent sous le pinceau d’Otto que l’inverse.

La broderie rouge, Otto Van Rees, 1910, huile sur toile, Pays-Bas, Deurne, Museum De Wieger
Adya Brodant, Otto Van Rees, 1911-1912, huile sur toile, Pays-Bas, collection particulière

En conclusion,

Au cours de ces années d’après-guerre, l’œuvre d’Otto bénéficie d’une reconnaissance croissante. Les historiens et critiques d’art le présentent comme l’un des principaux médiateurs entre les avant-gardes européennes du début du XXᵉ siècle et les générations plus jeunes de peintres néerlandais. Son parcours apparaît alors comme un trait d’union entre les grandes innovations artistiques d’avant 1914 et les développements de l’art moderne aux Pays-Bas après la Seconde Guerre mondiale.

La reconnaissance d’Adya est plus tardive. Comme de nombreuses artistes femmes de sa génération, son travail est longtemps relégué au second plan. À partir des années 2010, de nouvelles recherches, expositions et publications contribuent à redécouvrir son parcours et à réévaluer l’importance de sa contribution aux avant-gardes européennes du début du XXᵉ siècle. Son œuvre est désormais considérée comme un élément essentiel de l’histoire du modernisme et du cubisme.